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Bukavu, 05/02 (ACP) - Mme Laurette Onkelinx, vice Premier ministre et ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique, en charge de l’intégration sociale, a rencontré vendredi à l’hôpital général de Panzi, dans la banlieue sud de Bukavu à l’Est de la RDC, plus de 250 femmes et filles victimes de violences sexuelles qui ont réclamé deux choses, à savoir, la paix et les médicaments.
La visite de l’hôpital de Panzi, à 8 Km du centre de la ville de Bukavu, chef-lieu de la province du Sud Kivu, a été la partie la plus pathétique du séjour en RDC de Mme Laurette Onkelinx qui a vu, dans une salle d’hospitalisation, des femmes dont les organes intimes ont été complètement détruits du fait de la cruauté des hommes en armes, essentiellement des rebelles Hutu rwandais des FDLR (Forces démocratiques pour la libération du Rwanda). Le médecin directeur de l’hôpital de Panzi, le Dr Denis Mukwege, a indiqué que cet hôpital a un service de chirurgie suffisamment équipé pour prendre en charge les cas d’obstruction de l’appareil génital et les réparations des fistules. Mais le problème se pose pour les femmes et les filles qui ont subi une destruction méchante de leur appareil génital. L’hôpital reçoit des femmes et des filles dont les parties intimes ont été brûlées avec de la matière plastique ou détruites quand on y tiré avec des balles réelles. Ainsi, sur 600 femmes qui vont subir une intervention chirurgicale majeure dans cet hôpital, il faut compter 5%, soit 30 femmes, considérées comme incurables, a expliqué le Dr Mukwege. Ces femmes, a dit le médecin, refusent de quitter l’hôpital à l’idée d’être rejetées par les leurs dans leurs villages. Ces cas nécessitent une intervention chirurgicale très spéciale. Malheureusement, a déploré le Dr Mukwege, il n’y a pas sur place de spécialistes en urologie pour pratiquer ces interventions. Il a évoqué un vieux projet de l’hôpital de Panzi avec le Royaume de Belgique qui s’était engagé à envoyer à Bukavu des techniciens urologues belges pour former sur place des techniciens congolais. Mais ce projet, a-t-il constaté, tarde à se réaliser. Le Dr Jean Paul Noterman de la Coopération Technique Belge (CTB) qui a accompagné la ministre belge des Affaires sociales et de la Santé publique à Bukavu, a expliqué que la difficulté rencontrée est qu’on n’a pas pu trouver des urologues qui maîtrisent les techniques chirurgicales indispensables pour les cas de ces femmes. Le Dr Mukwege a suggéré qu’on recourt aux cancérologues spécialistes de l’ablation de la vessie, étant donné que la pathologie qui affecte ces femmes victimes de violences sexuelles n’est pas rencontrée en Europe. La ministre Laurette Onkelinx a promis de se pencher sur cette question à son retour en Belgique. Elle a dit qu’elle était venue dans cet hôpital, qui consacre 50% de ses activités à la prise en charge des victimes des violences sexuelles, pour se rendre compte de la situation. Il est question, a-t-elle précisé, d’essayer d’aider l’hôpital de Panzi à redonner espoir à ces femmes pour qu’elles construisent leur avenir. L’hôpital de Panzi a déjà reçu et traité, depuis sa création en septembre 1999 par la Communauté des Eglises Pentecôtistes en Afrique (une communauté protestante), au moins 30.000 femmes victimes de violences sexuelles. Cet hôpital, qui a une capacité de 416 lits, reçoit en moyenne 10 cas de violences sexuelles par jour. Tenant compte de la cruauté avec laquelle ces violences sexuelles se commettent, le Dr Mukwenge a dit qu’on a l’impression qu’il existe un plan de destruction de la population du Sud Kivu à travers la destruction des femmes. « Si éduquer une femme, c’est éduquer une nation, alors détruire une femme, c’est détruire une nation », a-t-il expliqué. Il a été constaté par ailleurs que 6% des femmes victimes de violences sexuelles soignées à l’hôpital de Panzi sont infectées par le VIH Sida. ACP/Mask |